Dieu et Diable, Yin et Yang, ombre et lumière, bien et mal. Autant de représentations symboliques de la dualité de l’homme, sur lesquelles ont été fondés nos repères moraux, nos lois, et nos modèles. Pour ce qui est des modèles, la propension de l’homme à aduler ou à détester certaines figures (réelles ou fictives) remonte à très loin. Ainsi en Grèce antique, nombre de cités légitiment leur création par les actions d’un héros mythique. Satisfaisant toutes les qualités morales et physiques possibles, l’archétype du héros va pulluler dans la littérature et les folklores divers. Le 17e siècle sonnera la remise en cause de ce modèle, notamment avec la publication du Don Quichotte de Miguel de Cervantès...
Un exemple intéressant, car il nous permet d’affirmer que le anti-héros n’est pas toujours méchant. Il ne répond simplement pas aux critères attendus et il est, en ce sens, plus proche de nous.

 

Breaking Bad final season e1488893056201

Visuel de la série Breaking Bad(2008-2013) de Vince Gillian

 


Dallas, première série avec anti-héros ?
Détailler ici l’évolution des anti-héros dans les arts, serait trop longue. Cette figure a infiltré toutes les formes d’expression culturelle existantes au fil du temps. Omniprésente dans la littérature et le cinéma, son apparition dans l’univers des séries télévisées est plus difficile à dater. Certains pensent à la série Dallas (1978), où toute trace de héros est totalement absente. L’art étant toujours dépendant d’un contexte, cette perte d’optimisme et de foi dans le rêve américain devaient être liée au choc pétrolier et à la défaite de la guerre du Vietnam.


Première vague, les années 90
Ce qui est sûr, c’est que la première grosse vague d’anti-héros à la télévision remonte au début des années 90. C’est l’ère de l’apparition de chaines câblées, où la concurrence était rude. De ce fait, les séries propres aux chaînes se devaient de présenter une certaine originalité, avec des intrigues et des héros atypiques. C’est à ce moment, que la chaine américaine HBO fera de l’anti-héros sa marque de fabrique. Notamment avec deux séries marquantes: Oz (1997-2003) se déroulant dans une prison de haute sécurité, et Les Soprano (1999-2007) chronique du quotidien d’un parrain de la mafia. Violentes, décomplexées et acerbes, ces séries ont été plus d’une fois dans le collimateur de la censure. Reste que leurs innovations scénaristiques ont eu un impact conséquent, encore présent aujourd’hui, faisant de ces deux œuvres des indispensables à toute culture télévisuelle.


Deuxième vague, les années 2000 à nos jours
Le contexte explique beaucoup de choses. Suite aux attentats du 11 Septembre, l’Amérique plonge dans une atmosphère de suspicion exacerbée. Les valeurs morales tendent à se brouiller, et la culture populaire en est impactée. L’exemple le plus criant est Jack Bauer, héros de la série 24 heures chrono (2001-2010). Cet agent secret américain n’hésite pas à torturer les terroristes, quand les besoins de sa mission s’en font sentir.


La violence et les anti-héros
La fin semble toujours justifier les moyens, surtout si des vies innocentes sont en jeu. Et c’est là la règle d’or des séries à anti-héros, qui pullulent sur nos écrans depuis ces quinze dernières années. La violence y est toujours plus explicite et impressionnante, quitte à devenir un argument de vente. Mais paradoxalement, le public la tolère à partir du moment où le héros en usera de manière justifiée et rationnelle. C’est par exemple le cas de Dexter Morgan, abominable héros tueur en série de Dexter (2006-2013), dont les victimes sont d’autres tueurs en série.
Le mal dans les séries est de plus rarement inné. Des traumatismes, des circonstances difficiles peuvent y conduire. C’est notamment le cas de Walter White, protagoniste principal de la série Breaking bad (2008-2013). Ce professeur de chimie sans histoire, brave père de famille, intégrera le trafic de drogue afin de pallier à ses difficultés économiques, occasionnées par un cancer.
Il n’est donc pas surprenant que les personnages parmi les plus détestés des séries, soient ceux qui échappent à ces deux critères. Comme le prouve l’infâme Ramsay Snow, personnage de Game of Thrones (Depuis 2011), dont le sadisme outrancier et inexplicable, l’appétence pour le viol, la mutilation, et l’écorchement, auront traumatisé de pleines légions de spectateurs, sûrement l’un des pires exemples du genre.


La proximité des anti-héros avec le public
Mais la violence n’est pas le seul caractère notable du anti-héros moderne. C’est généralement son imperfection qui le rend réaliste, et donc proche des spectateurs. Les doutes et défauts sont exacerbés afin de rendre les personnages nuancés, et finalement plus humains. On pense à Gregory House, protagoniste principal de Dr House (2004-2012), médecin misanthrope et agressif. Ou encore Elliot, Alderson, hacker asocial et acerbe de Mr Robot (Depuis 2015).
Les antis-héros font donc recette dans les séries télévisées, au point que l’on commence à entendre ici et là, des voix s’élever sur le fait que le genre s’essouffle. Il est vrai que comme dans tout domaine culturel, la télévision est assujettie à des modes qui peuvent disparaître aussi brusquement qu’elles sont apparues. Mais dans un monde de plus en plus normé, où l’on exige toujours plus de perfection, nul doute que le public continuera à apprécier les figures d’outsiders et leurs aventures marginales.

 

Signature mail Voyage en serie A découvrir

Dieu et Diable, Yin et Yang, ombre et lumière, bien et mal. Autant de représentations symboliques de la dualité de l’homme, sur lesquelles ont été fondés nos repères moraux, nos lois, et nos modèles. Pour ce qui est des modèles, la propension de l’homme à aduler ou à détester certaines figures (réelles ou fictives) remonte à très loin. Ainsi en Grèce antique, nombre de cités légitiment leur création par les actions d’un héros mythique. Satisfaisant toutes les qualités morales et physiques possibles, l’archétype du héros va pulluler dans la littérature et les folklores divers. Le 17e siècle sonnera la remise en cause de ce modèle, notamment avec la publication du Don Quichotte de Miguel de Cervantès...
Un exemple intéressant, car il nous permet d’affirmer que le anti-héros n’est pas toujours méchant. Il ne répond simplement pas aux critères attendus et il est, en ce sens, plus proche de nous.

 

Breaking Bad final season e1488893056201

Visuel de la série Breaking Bad(2008-2013) de Vince Gillian

 


Dallas, première série avec anti-héros ?
Détailler ici l’évolution des anti-héros dans les arts, serait trop longue. Cette figure a infiltré toutes les formes d’expression culturelle existantes au fil du temps. Omniprésente dans la littérature et le cinéma, son apparition dans l’univers des séries télévisées est plus difficile à dater. Certains pensent à la série Dallas (1978), où toute trace de héros est totalement absente. L’art étant toujours dépendant d’un contexte, cette perte d’optimisme et de foi dans le rêve américain devaient être liée au choc pétrolier et à la défaite de la guerre du Vietnam.


Première vague, les années 90
Ce qui est sûr, c’est que la première grosse vague d’anti-héros à la télévision remonte au début des années 90. C’est l’ère de l’apparition de chaines câblées, où la concurrence était rude. De ce fait, les séries propres aux chaînes se devaient de présenter une certaine originalité, avec des intrigues et des héros atypiques. C’est à ce moment, que la chaine américaine HBO fera de l’anti-héros sa marque de fabrique. Notamment avec deux séries marquantes: Oz (1997-2003) se déroulant dans une prison de haute sécurité, et Les Soprano (1999-2007) chronique du quotidien d’un parrain de la mafia. Violentes, décomplexées et acerbes, ces séries ont été plus d’une fois dans le collimateur de la censure. Reste que leurs innovations scénaristiques ont eu un impact conséquent, encore présent aujourd’hui, faisant de ces deux œuvres des indispensables à toute culture télévisuelle.


Deuxième vague, les années 2000 à nos jours
Le contexte explique beaucoup de choses. Suite aux attentats du 11 Septembre, l’Amérique plonge dans une atmosphère de suspicion exacerbée. Les valeurs morales tendent à se brouiller, et la culture populaire en est impactée. L’exemple le plus criant est Jack Bauer, héros de la série 24 heures chrono (2001-2010). Cet agent secret américain n’hésite pas à torturer les terroristes, quand les besoins de sa mission s’en font sentir.


La violence et les anti-héros
La fin semble toujours justifier les moyens, surtout si des vies innocentes sont en jeu. Et c’est là la règle d’or des séries à anti-héros, qui pullulent sur nos écrans depuis ces quinze dernières années. La violence y est toujours plus explicite et impressionnante, quitte à devenir un argument de vente. Mais paradoxalement, le public la tolère à partir du moment où le héros en usera de manière justifiée et rationnelle. C’est par exemple le cas de Dexter Morgan, abominable héros tueur en série de Dexter (2006-2013), dont les victimes sont d’autres tueurs en série.
Le mal dans les séries est de plus rarement inné. Des traumatismes, des circonstances difficiles peuvent y conduire. C’est notamment le cas de Walter White, protagoniste principal de la série Breaking bad (2008-2013). Ce professeur de chimie sans histoire, brave père de famille, intégrera le trafic de drogue afin de pallier à ses difficultés économiques, occasionnées par un cancer.
Il n’est donc pas surprenant que les personnages parmi les plus détestés des séries, soient ceux qui échappent à ces deux critères. Comme le prouve l’infâme Ramsay Snow, personnage de Game of Thrones (Depuis 2011), dont le sadisme outrancier et inexplicable, l’appétence pour le viol, la mutilation, et l’écorchement, auront traumatisé de pleines légions de spectateurs, sûrement l’un des pires exemples du genre.


La proximité des anti-héros avec le public
Mais la violence n’est pas le seul caractère notable du anti-héros moderne. C’est généralement son imperfection qui le rend réaliste, et donc proche des spectateurs. Les doutes et défauts sont exacerbés afin de rendre les personnages nuancés, et finalement plus humains. On pense à Gregory House, protagoniste principal de Dr House (2004-2012), médecin misanthrope et agressif. Ou encore Elliot, Alderson, hacker asocial et acerbe de Mr Robot (Depuis 2015).
Les antis-héros font donc recette dans les séries télévisées, au point que l’on commence à entendre ici et là, des voix s’élever sur le fait que le genre s’essouffle. Il est vrai que comme dans tout domaine culturel, la télévision est assujettie à des modes qui peuvent disparaître aussi brusquement qu’elles sont apparues. Mais dans un monde de plus en plus normé, où l’on exige toujours plus de perfection, nul doute que le public continuera à apprécier les figures d’outsiders et leurs aventures marginales.

 

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Matrioshki

Signature mail Voyage en serie Clin d'oeil de l'équipe

 

 

Matrioshki le trafic de la honteMatrioshki : le trafic de la honte
Marc Punt, Guy Goosens
2 saisons (2005-2008)

Cette série n'a pas rencontré un grand succès, et semble même être tombée dans l’oubli. Pourtant elle prenait un parti pris radical : celui de dénoncer de manière réaliste la traite des êtres humains et les réseaux de prostitutions. Que ce soit dans les bordels de Belgique (Saison 1) ou de Thaïlande (Saison 2), toujours les mêmes horreurs : harcèlements, viols, violences physiques parfois gratuites, complaisance des autorités, chaînes d’abattage, et séquestrations. En se plaçant du point de vue des parias des sociétés modernes que sont les prostituées, Matrioshki dénotait vraiment dans l’univers des séries télévisées. Dommage que le succès n’ait pas suivi.

Les Soprano

 sopranoLes Soprano
David Chase
6 saisons (1999-2007)

Série culte, voir indispensable, Les Soprano fait indéniablement partie du paysage culturel américain. Multi primée, la série suit
le quotidien mouvementé de Tony Soprano, parrain de la mafia du New Jersey. Sa vie de famille infernale, et le stress généré par ses activités, l’amèneront à faire des crises d’angoisse. De là, il consultera une psychiatre à laquelle il se confiera peu à peu.

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Borgia

borgia

 Borgia
Tom Fontana
3 saisons (2011-2014)

Meurtres, corruption, blasphèmes, inceste, débauche, et cupidité. Autant de méfaits imputés à Alexandre VI, alias Rodrigo de Borja, resté dans les mémoires comme le pire pape de la chrétienté. Ayant accédés au Saint- Siège en 1492 par des moyens peu recommandables, Alexandre VI et son clan familial y ont instauré les seules valeurs qui comptaient à leur yeux : les leurs. Cette série française permet de dresser un état des lieux.

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Dexter

dexterDexter
James Manos Jr
8 saisons (2006-2013)

Derrière un masque de respectabilité et une vie sociale à priori normale, Dexter Morgan cache un lourd secret. Cet expert en médecine légale travaillant pour la police de Miami, est en réalité un redoutable tueur en série. Afin de préserver les apparences et de canaliser sa soif de sang, il a limité son choix de victimes à une catégorie : d’autres tueurs en série...

 

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Mr Robot

mr robot

Mr Robot 
Sam Esmail
2 saisons (depuis 2015)

Occupant une place de technicien en informatique pour une entreprise new-yorkaise, le jeune Elliot Alderson  souffre de toxicomanie et de phobies sociales. Les choses s’aggraveront  quand un groupe de hackers cherchera à le recruter, exploitant sa haine du système pour s’attaquer aux infrastructures commerciales et bancaires.

 

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Hannibal

 

 hannibal Hannibal
Thomas Harris, Bryan Fuller
3 saisons (2013-2015)

Parmi les tueurs en série fictifs les plus populaires, Hannibal Lecter figure en bonne place. Cinéma comme littérature se sont déjà accaparés des péripéties de ce psychopathe esthète, manipulateur, et cannibale. Il ne manquait plus qu’une série pour approfondir le sujet, et c’est chose faite avec Hannibal. On y retrouve notre assassin exerçant comme psychiatre, entretenant une relation trouble et trompeuse, avec un agent du FBI enquêtant sur des agissements de tueurs en série.

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Breaking Bad


 breaking badBreaking Bad
Vince Gilliam
5 saisons (2008-2013)

Professeur de chimie dans un lycée du Nouveau-Mexique, Walter White s’ennuie dans une vie sans saveur d’américain moyen. Jusqu’au jour où il apprend qu’il est atteint d’un cancer incurable. Les problèmes économiques occasionnés par le traitement, et les difficultés qui impacteraient sa famille, le pousse à se tourner vers le trafic de drogue. Recrutant l’un de ses anciens élèves lié à cet univers, il décide d’utiliser ses talents de chimiste pour fabriquer de la méthamphétamine, une drogue hautement addictive et nocive.

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Dr House

 dr houseDr House
David Shore
8 saisons (2004-2012)


Dans un hôpital prestigieux du New Jersey, le docteur Gregory House est reconnu pour être un élément brillant. Il se voit régulièrement confier des cas difficiles, dont il s’acquitte avec brio. Cete maîtrise ne saurait excuser sa misanthropie, son arrogance, son cynisme, son refus des normes, et son agressivité. Défauts qui l’empêchent de prétendre à une vie sociale stable, et qui lui valent d’avoir de nombreuses prises de bec avec sa hiérarchie.

 

 

 

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